Slow writing ®

Je m'assois sur un banc public, à mon bureau, à une terrasse de café, dans un train et je prête attention. Le quotidien devient évènementiel et j'aime le raconter en quelques lignes.

Le slow writing, c'est accorder du temps.

Extraits :

12 juin 2006 : "Dans le TGV de retour, une blonde et son t-shirt "Keep the faith" lisent  "Zanzibar Hôtel."

15 octobre 2006 : "À Orsay, ils souriaient, alors j'ai eu envie de les suivre. Mes guides m'ont emmenée jusqu'à Carpeaux dont je cherchais le matin même le nom devant la fontaine de l'observatoire de Paris. Ils s'éloignent et je les laisse partir."

28 mars 2007 : "Une petite fille souriante et un gâteau à la main sautille sur une ligne peinte au sol de la gare Montparnasse. Sur le panneau lumineux "À partir du 1er février 2007, la gare et les quais deviennent entièrement non fumeur, merci de vous conformer à cette règle". Une jeune femme noire rit aux éclats dans son téléphone. Un homme s'assoit à côté d'elle. Elle masque sa bouche avec la main... il est agacé, rabat l'étiquette de sa valise qui le nommait. Les miettes d'un sandwich attirent deux petits moineaux débarqués en bondissant des bancs voisins."

05 avril 2007 : " Il est 10h22 au café des Gobelins. Je m'amuse à suivre des yeux les inconnus de la rue. Un homme en pull vert clair traverse gaiement le carrefour et les passages cloutés. Il s'engage vivement vers le boulevard Saint-Marcel et pile devant un petit tract blanc collé à hauteur de ses yeux sur un réverbère. Il le lit et hop repart aussitôt. Je décide de le suivre jusqu'à le perdre de vue. Un car passe devant lui, je le distingue encore puis le perds sur le boulevard d'en face. Une femme enceinte passe, le visage gonflé par l'enfant qu'elle porte."

03 octobre 2008 : "Il est 10h30 à la cafétéria du musée d'Agesci à Niort. L'espace est clair, dégagé, lumineux, blanc, l'air silencieux et serein. Je tourne la tête à gauche. Au milieu de la salle, la femme de ménage cire le parquet. Elle tourne autour de la statue isolée en marbre blanc d'un jeune éphèbe. Chemisier blanc et pantalon noire, elle est belle. Elle frotte et tout devient ligne. Elle, son corps, son balai, comme une réponse animée à la statue au bras levé et triomphant. De ma chaise, elle crée un tableau. Inconsciemment."